
À propos
inResidenza : Septembre Ardent
Le premier album de Septembre Ardent est sorti le 5 septembre 2025. Fiction musicale originale dans laquelle dialoguent un homme et une femme reliés par un passé commun, un lourd secret et un exil forcé, Septembre Ardent réunit Donia Berriri (voix, synthés, textes), Nosfell (voix, synthé modulaire), Jean-Brice Godet (clarinettes, K7, voix) et Valentin Mussou (violoncelle, sampler, voix). Dans un décor de fin du monde où les promesses d’un éternel progrès n’ont pas été tenues, Septembre Ardent livre un récit sensible sous forme de tableaux. Dialogues entremêlant français et arabe, chansons et pièces instrumentales se succèdent en une forme opératique moderne.
Si le nom choisi se réfère directement à la nouvelle de William Faulkner Dry September, il s’agit surtout de se saisir des problématiques qu’elle soulève telles que les méfaits de la rumeur et de la justice populaire. Septembre Ardent s’inspire également de l’hantologie, terme inventé par Jacques Derrida, qui caractérise des oeuvres naissant d’une trace en provenance du passé. Septembre Ardent est le récit allégorique de deux êtres tourmentés par leurs fantômes. Le désert qu’ils traversent n’a ni début, ni fin, à l’image de leur quête.
À l’occasion de cette résidence artistique au CNCM VOCE, le groupe travaillera à la création d’un deuxième opus, en poursuivant son travail autour de la quête d’identité et des questions liées à l’exil. La recherche s’appuie notamment sur La Conférence des oiseaux de Farid-Ud-Din ‘Attar, poème persan du XIIe siècle relatant le voyage initiatique d’un groupe d’oiseaux en quête de leur roi, ainsi que sur L’Exil et le Royaume d’Albert Camus, recueil de nouvelles traversé par des figures en recherche de soi, souvent sur fond saharien. Ces références littéraires sont complétées par des sources audiovisuelles, dont Zohra de Samama-Chikli, premier film tunisien, dont les thématiques entrent en résonance avec celles du projet. Des images issues de cette époque pourront être intégrées à la scène par la projection, en dialogue avec le travail de Jean-Brice Godet sur bandes analogiques.
Cette approche n’est pas seulement une tentative de transposer une musique et un récit, mais une invitation à une rencontre sensorielle avec des personnages, des lieux, des images et des sons qui résonnent avec les mémoires collectives et individuelles. En créant des croisements et des nœuds dans la narration, le groupe souhaite proposer une expérience aux multiples points d’entrée, où chaque spectateur peut trouver son propre chemin à travers les images, reliant à tout moment ce qui est vu à ce qui a déjà été vu, dit, fait et rêvé. Ces images sont utilisées pour infuser une dimension surréaliste et poétique à la narration. Ces influences guident le projet pour capter l’essence des lieux, où les paysages vastes et les ruines désertiques deviennent des miroirs de la quête intérieure et des paysages de l’âme.
Artisti
Donia Berriri – voix, claviers, textes, composition
Nosfell – voix, modulaire
Valentin Mussou – violoncelle, sampler, voix
Jean-Brice Godet – clarinettes, K7, composition, voix
