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Les Pentaphones – La Voix sans Maître

Catégorie d’évènement:
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Infos & accès

Date :
17 avril
Heure :
15h00 - 16h00
Lieu
Auditorium di Pigna

Organisateur

CNCM Voce

Tarifs

Adulti / adultes :
Gratuit
Studianti / étudiants :
Gratuit
Zitelli / enfants :
Gratuit

À propos

C’est à partir de lectures comme ces écrits de Thomas Edison : « le Royaume de l’au-delà » que les Pentaphones se sont emparés de cette thématique des voix d’outre-tombe, voix qui surgissent à travers le nécrophone, instrument capable de capter et de rendre audible les voix des morts…
« La radio et autres dispositifs capables d’électriser la parole sont des machines à fantômes » disait Giles Deleuze. Une fois enregistrée, la parole ne fait plus partie de notre corps. Nous en sommes en quelque sorte dépossédés. Le désir d’enregistrer la voix des morts semble poser précisément cette même question en lui adjoignant une dimension métaphysique : et si un jour les machines à communiquer pouvaient capturer notre âme, que donneraient-elles à entendre ?
La proposition de recherche musicale des Pentaphones dans cette résidence se fonde sur cette thématique et se prolonge alors grâce à des instruments capables de reproduire les sons du royaume des morts.
A la manière d’un concert boniment, la voix captée de l’au-delà, comme le son des « instruments » reliés à nos corps, produisent un son électronique, un son capté depuis un monde parallèle. Dans cet engagement du corps et de ces gestes qui produisent ces sons, se tisse une adéquation propice aux prémices d’une nouvelle civilisation capable de télépathie !
il ne s’agit pas seulement d’explorer la voix humaine mais, plus généralement, de parcourir l’univers des voix singulières : voix réelles et imaginaires, voix des absents, voix lointaines, voix des machines. Près d’un siècle avant que Pierre Henry ne compose ses « Variations pour une porte et un soupir »,
Victor Hugo n’écrivait-il pas, dans Faits et Croyances, que « tout bruit écouté longtemps devient une voix », nous invitant à une écoute autre des bruits et des sons ? Il proposait en poète ce que, plus tard, la phénoménologie allait interroger.
En même temps, le phonographe, le téléphone, la radio et les instruments de synthèse sonore réalisaient une sorte de dématérialisation (décorporation) de la voix ainsi que sa rematérialisation dans des supports extérieurs au corps
(mécaniques, magnétiques, électromagnétiques). Ainsi, métaphoriquement, ces techniques de reproduction, de transmission et de synthèse chantent le corps absent, le corps de celui qui est loin, de celui qui n’est plus, et inventent les voix de corps imaginaires en faisant chanter les machines.
Alors oui, la voix sans maître est bien notre programme !

Distribution

Laurence Bouckaert, Karlax et hot hand
Boris Doval, machines chantantes, Cantor Digitalis
Hugues Genevois, Koncertdoboz, Calliphone
Marie-Hélène Grimigni, voix de toutes natures
Michel Risse, synthétiseurs et voix des objets trouvés