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Je regarde par la fenêtre et c’est loin

Catégorie d’évènement:
  • Cet évènement est passé

Infos & accès

Date:
9 octobre
Heure :
18h30 - 19h30
évènement Tags:
,
Lieu
Auditorium di Pigna

Organisateur

CNCM Voce

Tarifs

Adulti / adultes :
Gratuit
Studianti / étudiants :
Gratuit
Zitelli / enfants :
Gratuit

À propos

inResidenza : « Je regarde par la fenêtre et c’est loin », une pièce chorégraphique textuelle et sonore pour paysage

« Je regarde par la fenêtre et c’est loin » est une pièce chorégraphique in‐situ pour une danseuse, une autrice et un compositeur. Dans un paysage choisi selon ses qualités acoustiques, elle fait se croiser un corps dansant, un texte de poésie contemporaine et une composition sonore diffusée sur un pavillon géant. Conçue comme une partition musicale à trois voix déployée spatialement, cette pièce met en jeu un corps en mouvement au premier plan.

Le corps émerge du public et chemine lentement. Sa gestuelle minimale est inspirée par les temporalités, les dynamiques et les textures des faunes, flores et minéraux à proximité. Elle fait acte de densité, de présence sobre, tout en étant ponctuée par des accélérations. En sillonnant de dos, le corps laisse une trace invisible mais persistante dans le paysage regardé. Il finit pourtant par disparaître en s’éloignant.

Son absentement a laissé la place au son d’une voix décrivant le lieu traversé, des sensations physiques et des souvenirs imaginés dans cet endroit. Passant progressivement au premier plan, le texte est diffusé par un orchestre de petites radios près du public. Restée au proche, est‐ce la voix du corps qui s’éloigne petit‐à‐petit que nous entendons ? Ou les réminiscences de celle d’un être qui est déjà passé par là ? Est‐ce la parole du paysage lui‐même qui nous parvient ici comme traduit ?

A son tour, la voix s’égrène, se troue et disparaît, laissant émerger une création sonore matiériste, minérale et harmonique qui la recouvre petit‐à‐petit. Le son est diffusé au loin par un haut‐parleur à pavillon géant. Jouant avec les anfractuosités du paysage et ses échos, la partition sonore se déploie à une échelle et un volume plus vastes. Elle compose une étendue intense et vivante, mobilisant nos oreilles, nos yeux et la logique de nos sensations. Elle remplit les vides, les habite, les souligne et leur donne forme par le son.

Dans un fondu rapide, le retour au silence, au rien, à la contemplation de ce paysage traversé et révélé, advient. De façon inframince, presque imperceptible mais tout de même sensible, le réel se trouve alors articulé à ce qui lui a été surimpressionné, si bien qu’on ne se sait plus si ce que l’on a vu, entendu, senti, perçu… a réellement existé. Un être s’est absenté, mais le manque créé par sa disparition est comblé par la jubilation de nos sensations.

La proposition dramaturgique de cette création est une trajectoire simple : un éloignement qui aboutit à une communion sensorielle avec l’environnement. En jouant de la complexité des perspectives, des volumes et des échos, la pièce déploie une partition gestuelle, sonore et temporelle en forme de fugue – de tuilage – avec délicatesse dans l’espace choisi. Elle établit un corps‐à‐corps à la fois sensible et puissant avec le paysage environnant.

Artisti

Emma Loriautconception, chorégraphie, mise en espace, interprétation
Julien Clausscomposition musicale, interprétation
Esther Salmonaautrice, regard extérieur

Une production de l’Association CYCLIQ

Projet lauréat de la Fondation de France 26-28